« Il me faudrait un site vitrine. »
C'est presque toujours la première phrase, et c'est presque toujours trop tôt pour la dire.
La question arrive dans le mauvais sens
Choisir un format avant d'avoir dit ce que le site doit faire, c'est choisir un véhicule avant de savoir si on déménage ou si on part en week-end.
Ce n'est pas un reproche : personne n'est censé connaître ces mots-là. Mais un one page, un site vitrine et une boutique ne sont pas trois tailles du même produit. Ce sont trois réponses à trois problèmes différents.
La bonne question tient en une ligne : qu'est-ce que quelqu'un doit pouvoir faire en arrivant chez vous ? Vous appeler, comprendre une offre qui demande des explications, ou acheter à trois heures du matin. Le format se déduit tout seul.
Le one page n'est pas un site au rabais
C'est le malentendu le plus tenace. On le présente comme l'entrée de gamme, ce qu'on prend en attendant mieux.
C'est faux, et c'est souvent l'inverse. Une seule page oblige à trancher : qui vous êtes, ce que vous faites, comment on vous joint. Rien à répartir, rien à diluer, aucune page à moitié écrite qui traîne pendant deux ans.
Il convient quand votre offre s'explique en une conversation et que l'objectif est un appel ou un message. Un artisan qui fait un métier, une consultante qui vend un accompagnement, une activité qui démarre. Beaucoup de gens paient un site de huit pages pour dire ce qui tenait sur une.
Quand une page ne suffit plus
Le moment se reconnaît sans difficulté : c'est quand vous avez plusieurs choses distinctes à expliquer, et que les mettre à la suite les affaiblit toutes.
Plusieurs services, des réalisations à montrer, un parcours à raconter, des articles à publier. Chacun a besoin de sa place, de son titre et de sa propre adresse, parce que c'est aussi comme ça qu'on est trouvé : une page par sujet.
J'ai conçu un site vitrine pour une photographe en Dordogne, avec plusieurs pages pour présenter son univers, ses prestations et son travail, pensées pour la mettre en avant sur les recherches locales.
La boutique n'est pas un site plus gros
C'est là que la confusion coûte le plus cher.
Vendre en ligne n'ajoute pas des pages, ça ajoute un métier. Des stocks à tenir, des commandes à préparer, des colis à expédier, des retours à traiter, des questions auxquelles répondre le samedi matin. Le site est la partie facile. Ce qui vient après la commande est le vrai travail.
C'est pour ça que je pose toujours la même question avant de chiffrer : qui prépare les colis ? Si personne n'a de réponse, le projet n'est pas prêt, quel que soit le budget.
J'ai développé la boutique Shopify de World of Buhurt Clothing, la marque de vêtements du média World of Buhurt : catalogue, paiements et livraisons, avec une administration qui leur permet de gérer produits et commandes en autonomie.
Ce qui décide vraiment
Trois questions, et aucune ne parle de format.
Ce que quelqu'un doit pouvoir faire en arrivant. Combien de choses différentes vous avez à expliquer. Et si vous êtes prêt à assumer ce qu'une vente en ligne implique une fois le clic passé.
Répondez à celles-là et le format s'impose de lui-même. C'est d'ailleurs ce qu'on fait au premier rendez-vous : je ne vous demande pas quel site vous voulez, je vous demande ce que vous en attendez.



